L'usine Stellantis de Poissy ne produira plus de voitures après 2028. Le site, dernier assembleur automobile d'Ile-de-France, sera reconverti en centre de recyclage et de fabrication de pièces. Le groupe promet 100 millions d'euros d'investissement et le maintien de 1 000 postes sur les 1 925 actuels.
Fin de ligne pour l'assemblage
C'est la fin d'une histoire de 90 ans. L'usine de Poissy, créée par Ford dans les années 1930, ne sortira plus de voitures de ses chaines après 2028. Les Opel Mokka et DS 3 Crossback seront les derniers modèles assemblés sur place. L'annonce a été faite ce jeudi 16 avril par la direction de Stellantis, qui confirme ce que les syndicats redoutaient depuis des mois. L'Ile-de-France perd son dernier site d'assemblage automobile.
100 millions pour se réinventer
Pour éviter la fermeture pure et simple, Stellantis injecte 100 millions d'euros dans la reconversion du site. Quatre activités sont prévues : production de pièces automobiles (emboutissage, ferrage, peinture), recyclage de pièces dans une logique d'économie circulaire, préparation et transformation de véhicules pour des usages spécifiques (flottes, artisans, rallyes), et impression 3D pour des petites séries. La direction parle d'un virage vers les différentes vies du véhicule, de sa préparation à sa déconstruction.
700 postes en moins d'ici 2030
Côté effectifs, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le site compte 1 925 ouvriers en CDI et n'en gardera que 1 200 en 2030, pour 1 000 postes. Stellantis mise sur ce qu'elle appelle l'attrition naturelle : l'âge médian des ouvriers est de 54 ans, et une bonne partie partira en retraite d'ici là. 181 salariés sont déjà dans un dispositif de départs volontaires, 160 en absence longue durée. Le groupe assure qu'il n'y aura pas de plan social, mais les syndicats viennent tout juste de prendre connaissance du plan et n'ont pas encore réagi.
On en dit quoi ?
On imagine bien que Stellantis essaie de présenter les choses du bon côté, avec les 100 millions d'investissement et le mot reconversion plutôt que fermeture. Par contre, passer de l'assemblage de voitures au recyclage de pièces, c'est quand même un gros changement de statut pour une usine qui a vu passer des millions de véhicules en 90 ans. Le calendrier est aussi intéressant : cette annonce arrive un mois avant la présentation du plan de Stellantis à Detroit le 21 mai. Avec 14 marques à gérer et 248 000 salariés dans le monde, Poissy n'est probablement qu'un début.